Michel Nobels & Katharina Gerold – Exposition du 21 septembre au 13 otobre 2018

Michel Nobels est né en 1953 à Bruxelles.
Ses encres ne sont pas sans rappeler certaines estampes flamandes, dans lesquelles se jouent une pièce théâtrale qui oscille entre une Comedia del Arte et une tragédie.
Aucun discours n’est posé que des scénettes à appréhender, des petites histoires de la comédie humaine. Jérôme Bosch n’est pas très loin…

 

Provocante, cynique, voire monstrueuse, chaque encre dévoile une brutalité du corps et du genre humain scénographiée dans l’absurde.
Michel Nobels joue des pleins et des vides, le geste est furtif, étudié et précis, le blanc de réserve, on ne peut plus présent, laisse un sentiment de vide, d’attente d’une suite.

 

Michel Nobels dans un langage qui lui est propre, nous montre des vérités troublantes, une complexité évidente sans détour, une cruauté sans gêne et pourtant, nous laissant dans une certaine confusion, dans un suspend.
A nous d’y deviner la poésie.

Katharina Gerold vit et travaille à Berlin où elle a suivi des études en architecture et en art, avant de travailler entre autre à Paris et Amsterdam.
Les silhouettes découpées, de céramique relèvent du regard architectural de l’artiste, les lignes sont fortes comme si chaque protagoniste était créé de façon rationnelle mais qu’il s’en échappe aussi.

 

Ses sculptures apparaissent de façon inattendue, surgissent des murs comme si le passe-muraille de Marcel Aymé se serait multiplié.
Des personnages qui viendraient jeter un coup d’œil. On aimerait se rapprocher d’eux, discret et pourtant d’une grande présence, sans certitude de pouvoir les atteindre.

 

Ces petits profils audacieux, ces traits de caractère viennent projeter leurs ombres fantasmagoriques, comme pour nous attirer.
Ils sont silencieux, construits, presque dénués d’émotions… et pourtant, ils viennent nous happer, captiver notre regard
A l’air doux, sévère, ces grands solitaires colorés de terre se jouent de leurs ombres, de l’espace et de la matière.

Textes: Julie Dalouche, Critique d’Art, 2018
Photographies © Patrice Bouvier